Peut-on renverser une dictature en plantant des arbres ? Wangari Maathai a prouvé que oui. Première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la Paix, elle a compris avant tout le monde que l’environnement, les droits des femmes et la démocratie étaient indissociables. Voici comment une « femme folle », comme l’appelaient ses détracteurs, a reverdi le Kenya et éveillé les consciences.
Dans les années 70, Wangari Maathai remarque que les rivières s’assèchent et que les femmes rurales doivent marcher de plus en plus loin pour trouver du bois. Sa solution semblait simpliste : planter des arbres. Avec le « Green Belt Movement », elle a mobilisé des milliers de femmes pour planter plus de 30 millions d’arbres.
Mais planter des arbres, c’est s’approprier la terre. Et face au régime autoritaire de l’époque, c’était un acte de rébellion. Wangari a été battue, emprisonnée et humiliée. Pourtant, tel le colibri de sa fable préférée qui tente d’éteindre un incendie goutte après goutte, elle n’a jamais abandonné.
Son combat a démontré que la paix est impossible sans ressources équitablement partagées. Elle nous rappelle que l’activisme n’a pas besoin de commencer par de grands discours à l’ONU, mais peut débuter simplement, en mettant les mains dans la terre de sa propre communauté.